Histoire du Bitume dans l'Art

Le bitume est un fossile donc un produit naturel. Celui-ci peut se présenter soit sous la forme liquide, proche du pétrole, soit sous forme solide, mastic, roche. Ou bien encore il peut être trouvé à la surface de l’eau son nom « Bitume de Judée ». On trouve du bitume un peu partout dans le monde, notamment au Moyen-Orient et Proche-Orient où il est exploité depuis 40 millénaires.

Les hommes ont découvert ses multiples propriétés depuis le paléolithique. Des archéologues ont daté, vers 5 000 ans av. J.-C., les premières utilisations de matériaux bitumineux naturels. L’Ancien Testament mentionne l’usage du bitume pour calfater l’Arche de Noé.

On peut parler d’une vraie « civilisation du bitume » dans l’ensemble du bassin méditerranéen où il faisait l’objet d’un commerce. Son usage était surtout destiné au calfatage des bateaux assurant leur étanchéité. Il était aussi bien employé dans la construction des bâtiments que dans les objets usuels et ou encore dans les objets artistiques tels qu’on peut les voir au Louvre dans la collection des objets provenant de la cité de Suse aujourd’hui en Iran. (Jacques Connan - LE BITUME DANS L’ANTIQUITE - Editions Errance). Sous forme liquide il remplaçait l’huile dans les lampes. Les égyptiens pour embaumer leurs momies se servaient du bitume comme agent de conservation en le substituant au sang.

Le bitume a été très tôt utilisé dans le domaine de la construction routière puisque des traces datant du 7ème siècle avant J.-C. ont été retrouvées sur le site de l’ancienne Babylone. Le bitume et l'asphalte révolutionnèrent la voirie. Le premier trottoir bitumé à Paris le fut en 1838 et la première rue en 1854 (rue Bergère).

Les artistes n’ont pas toujours utilisé les peintures existantes telles qu’on les connaît aujourd’hui. Ils ont crée leurs mixtures pour peindre en utilisant les produits naturels issus de leur environnement : brou de noix, goudron, gomme laque, végétaux, minéraux... Ils ont inventé des outils et mis au point des techniques de création parfois très personnelles.

Certains d’entre eux ont employé le bitume pour garantir les toiles des fonds de tableaux de toute humidité et contre les champignons en les enduisant par-derrière d’une ou deux couches de cette matière. D’autres encore, comme Théodore Géricault (Le radeau de la Méduse 1819), chef de file du romantique et d'autres artistes de cette époque, ont fait leurs fonds en bitume. En 1826 la recherche par Niepce sur la photo sur métal a été faite avec du bitume. La première photo a demandée plusieurs jours de pose.
Le bitume, matière est employé dans tous les domaines de l’art et dans les écoles des Beaux Arts on y apprend à utiliser le « bitume de Judée » comme vernis dans la gravure (l’héliogravure).
Certains artistes plasticiens ont choisi, pendant un temps, le bitume dans leurs créations: tels Tapiés, Dubuffet, Salvador Dali. Les artistes ont été toujours fasciné par ces qualités ductiles, par la couleur noire très chaude et vivante .On sait que Soulages a détourné certains produits utilisés par les ébénistes (brou de noix) et a employé sur bitume.

De nos jours, nous sommes très peu d’artistes à employer le « bitume » comme médium. Le bitume reste une matière inquiétante, peut-être, parce que sorti des entrailles de la terre. C'est une matière vivante, visqueuse...une chose défendue.

Voir aussi:
« Mouvement Tachiste International » de Victor Hugo



Daniel CONVENANT